Ton téléphone sert à deux métiers en même temps
Il y a deux façons de vivre de la pose de plancher, et elles n’ont presque rien en commun au téléphone. Le détaillant a une salle de montre, des heures affichées et quelqu’un au comptoir — mais ce quelqu’un est un vendeur, et chaque appel de coordination qu’il prend est un client debout devant lui qui attend. Le poseur sous-traitant, lui, n’a pas de comptoir : il a un cellulaire, il est à genoux, et la scie à eau rend la conversation impossible même quand une main est libre.
C’est pour ça que la deuxième question de ta réceptionniste ne porte pas sur le type de projet, mais sur l’identité de l’appelant : est-ce qu’il appelle pour lui-même, pour un magasin, ou pour un entrepreneur. Un coordonnateur de détaillant qui se fait poser un questionnaire de qualification raccroche. Lui, ce qu’il veut dire tient en une phrase : je suis Untel de tel magasin, j’ai une job à telle adresse, es-tu disponible tel jour. Elle le reconnaît, prend l’adresse et la fenêtre, et te pousse l’alerte tout de suite.
Cette page ne te promet pas plus de demandes. Elle te promet de ne rien laisser tomber — et dans ton métier, ce qui tombe n’est pas un prospect, c’est du travail déjà vendu. Quand ça sonne dans le vide, le coordonnateur appelle le poseur suivant sur sa liste, et il s’en souvient la fois d’après. La vraie perte n’est pas l’appel : c’est la place dans la liste.